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Congeler ses ovules

Publié le : 18/02/2016 10:23:46
Catégories : Actualités Rss feed

Congeler ses ovules

Congeler ses propres ovocytes pour pouvoir reporter son projet de grossesse sans être rattrapée par son horloge biologique ? La technique qui était encore interdite en France il y a quelques mois, vient d’être autorisée par un décret du 15 octobre 2015. Est-ce une bonne chose ?

Comment congeler ses ovocytes ?

L'autoconservation des ovocytes permet à une femme de faire prélever ses ovocytes et de les vitrifier (méthode de congélation ultrarapide qui évite la formation de cristaux et les protège). Plus tard, quand elle jugera le moment opportun, elle pourra les faire décongeler, féconder in vitro et réimplanter dans son utérus. La pratique existe déjà aux Etats-Unis, mais aussi en Espagne, en Belgique et en Italie, et depuis peu en France.


Pourquoi congeler ses ovocytes ?

Avant, seules les femmes qui subissaient un traitement médical pouvant les rendre stériles, et celles dont la fertilité risquait d'être prématurément altérée, avaient ont le droit de conserver leurs ovocytes - article L.2141-11 modifié par la loi 2011-814 du 7 juillet 2011.

Mais depuis le 15 octobre 2015, un décret autorise les femmes entre 18 et 37 ans à donner et à conserver une partie de leurs ovules, même si elles n’ont pas encore mères, c’est donnant-donnant.

Est-ce une bonne chose ?

Pour rappel, en 2013, 456 femmes ont donné leurs ovules pour 2000 femmes qui sont en attente de dons en raison de souci d’infertilité. Il faudrait 900 donneuses pour générer une autosuffisance. Cette mesure serait donc la bienvenue.

Le constat est simple, de nos jours, les Françaises ont leur premier enfant à l'aube de la trentaine. L'entrée dans la vie active se fait de plus en plus tard, les difficultés professionnelles sont légion, et les femmes veulent s'investir dans leur travail sans ressentir la terrible pression du tic-tac de l'horloge biologique. De plus, les futurs pères ne se trouvent pas sur un claquement de doigt et les couples sont fragiles.

Les pours :

-          Parce que le désir d'enfant surgit de plus en plus tard et que les femmes ne sont pas forcément en cause. C'est toute la société qui les y contraint – des études longues, une entrée dans la vie active plus tardive, des hommes qui ont du mal à s'engager, l'allongement de la durée de la vie…

-          Parce que les hommes, eux, ont le droit de conserver leur sperme pour leur usage personnel, donc pourquoi ce droit n’était pas octroyé aux femmes ?

-          Parce que la chute de la fertilité est inéluctable dès 37 ans !

Les contres :

-          Cela risque d'encourager les grossesses tardives. Faire une FIV avec des ovocytes qui ont quelques années de moins permet de réduire le risque d'aberrations chromosomiques et de fausses couches. Mais pas le risque de complications maternelles majorées par l'âge (diabète, hypertension, pré-éclampsie), particulièrement après 45 ans.

-          Cela risque d'entraîner de faux espoirs. L'autoconservation sociétale serait une aide mais ne ferait pas de miracles. Dans le meilleur des cas, le taux de réussite est de 62 %. Il varie en fonction de l'âge de la femme auquel l'ovocyte a été ponctionné et de son âge au moment de la réimplantation.

-          Cela pourrait créer une inégalité. Ce serait les femmes les plus diplômées, les plus aisées, qui en bénéficieraient, le coût actuel est de 3000 à 4000€. En outre, si la prise en charge était envisagée, cela pourrait couter cher à la société et au détriment de quels autres remboursements ?

-          Cela pourrait générer une médicalisation excessive de la procréation

L’idée est d’autoriser cette pratique mais sans l’encourager, il faut poser des dates limites de conservation et de réimplantation de l’œuf (45 ans environ car au-delà il y a des risques de complication de grossesse).

D’un point de vue éthique, la France aime entretenir le mystère et les dons seraient anonymes, ce qui pose parfois des soucis aux donneuses mais aussi aux receveuses.

En effet, certaines femmes auraient peur de perdre leur identité de savoir que quelque part, elles ont un enfant.

D’autres en revanche, sont très reconnaissantes envers leur donneuse et aimerait tellement les remercier et leur présenter leur enfant, pour leur dire d’où il vient.

Certaines femmes qui ont été conçues de la sorte souffre de ne pas connaître leur origine, ni de savoir si leur géniteur est encore vivant, si une fratrie existe… Seul un problème de santé justifierait de lever le voile sur le secret identitaire.

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